Descriptif du projet

DEMOCRITE intègre des outils d’analyse et de couverture de risques sur un territoire. Utilisables en planification froide comme en temps de crise, ils serviront à mettre en adéquation la réponse de secours (en nature, nombre, positionnement… des moyens) avec la couverture des risques retenue, quantifiée et validée par l’autorité. Certains outils seront testés sur territoire restreint (2,5 km²) et l’extension à un territoire de grande ampleur sera étudiée.

Ces outils visent à cartographier les probabilités d’occurrence des risques ainsi que les vulnérabilités intrinsèques (conséquences potentielles d’un évènement non souhaité). Les diverses approches d’optimisation des ressources seront évaluées.

Modélisation du développement dynamique de risques complexes :
Ces risques de probabilité faible impliquent une réponse opérationnelle dite de niveau 3. Ils peuvent avoir des conséquences de grande ampleur et de solliciter l’engagement de nombreux moyens. DEMOCRITE traite pour l’instant deux risques complexes et leur couplage : l’incendie et l’explosion. D’autres (inondation, épidémie, ...) seront envisagés en post-démonstrateur.

La représentation urbaine sera issue de données SIG (Système d’Information Géographique). Le modèle de propagation sera basé sur un automate cellulaire dont les règles de transition seront établies à partir de simulations physiques. Un modèle local permettra de reproduire pour différentes typologies de locaux les phases d’évolution de l’incendie. Les effets d’une explosion (accident technologique, attentat …) en milieu urbain seront établis à partir d’un code numérique de référence. La géométrie sera issue des données SIG. Des approches simplifiées seront testées pour sélectionner le niveau de modélisation adapté pour DEMOCRITE. L’explosion pourra être la cause ou la conséquence d’un incendie.

Cartographie des propensions de risques :
Ces risques de probabilité élevée (exemple : secours aux personnes, 80% des interventions sur le secteur BSPP) peuvent nécessiter l’activation d’un suivi de niveau 1 ou 2 au sein du centre opérationnel de la BSPP. L’analyse des interventions passées montre que la répartition des probabilités d’occurrence n’est pas isotrope sur le territoire et dans le temps. L’optimisation de la couverture des risques passe donc par une cartographie précise de ceux-ci. L’agrégation des risques unitaires sera étudiée.

L’étude du retour d’expérience sera associée à une approche statistique pour analyser l’évolution des risques liée à l’aménagement du territoire. Par exemple, les statistiques d’intervention sur accidents de la circulation ne suffisent pas pour prédire l’évolution des risques liés à l’ouverture de nouveaux axes routiers : il faut pouvoir corréler au préalable celles-ci à d’autres données (nombre d’usagers, vitesse, conditions météo).

Cartographie des vulnérabilités intrinsèques :
Les vulnérabilités intrinsèques sont les caractéristiques propres d’un territoire qui jouent sur l’étendue des conséquences en cas d’accident. Elles peuvent aussi varier dans l’espace et dans le temps. Par exemple, la présence d’un établissement recevant du public (ERP), à forte densité d’occupation (stade pendant une rencontre sportive) augmentera la vulnérabilité locale dans sa dimension vulnérabilité humaine durant la durée de la rencontre sportive. Par ailleurs, la marche nominale d’une société dépend de sa capacité à assurer certaines fonctions (vulnérabilité fonctionnelle) reposant sur des éléments cartographiables (gouvernement ; éducation, etc.). La localisation de l’élément vulnérable (poste de transformation) peut aussi différer de la zone affectée en cas de défaillance (alimentation d’un quartier).

Les vulnérabilités humaines et fonctionnelles feront l’objet de cartographies spécifiques, et la dimension « vulnérabilité réseaux » sera abordée. Ces cartographies serviront d’aide à la décision opérationnelle lors d’interventions (zones à évacuer en priorité, périmètre de sécurité…).